Avec une telle dénomination il y a de quoi avoir peur….! Et pourtant rien de bien grave dans tous ça malgré l’aspect angoissant que cela peut revêtir, quand on en spectateur!

Cet article a été rédigé pour mieux comprendre ce qui se cache derrière ces mots.

On estime qu’environ 6% des enfants d’âge pré-scolaire peuvent souffrir de terreurs nocturnes, mais elles seraient beaucoup plus fréquentes chez l’enfant de moins de deux ans passant souvent.

Mais alors comment les reconnaître?

On obtient des récits de rêves chez l’enfant à partir de 2 ans. Le rêve permet de purger et de réguler les émotions. Quand ce processus échoue, alors il y a cauchemar.

Les terreurs nocturnes sont à distinguer des cauchemars. Entre 2 et 5 ans, les petits cauchemars sont fréquents et ne doivent pas inquiéter : ils permettent aux enfants de se libérer des tensions de leur journée, mais aussi ils peuvent être l’expression d’un confit intérieur.

Les cauchemars et les terreurs nocturnes résultent tous deux de l’émergence d’anxiété au sein du sommeil. Néanmoins, ils sont différents par leurs caractéristiques neurophysiologiques et cliniques, et n’ont pas la même signification.

 

Les cauchemars se produisent pendant le sommeil paradoxal, et comportent une histoire avec une charge d’anxiété jusqu’à entraîner le réveil, et laissent un souvenir.

Un enfant qui vient de faire un cauchemar, s’éveille en sursaut, il est inquiet et est souvent en pleurs.

Ainsi, si votre enfant fait un cauchemar, vous pouvez aller à son chevet, sans le gronder…Il faut ainsi tenter d’être bienveillant, de le rassurer sans allumer trop la chambre, expliquer que son parent est là tout en expliquant que c’était un cauchemar.

Ensuite, il peut être intéressant de lui faire raconter son cauchemar en approuvant ses réactions. Il est important de ne jamais nier ou banaliser son cauchemar. Si besoin, vous pouvez inspecter sa chambre pour le calmer, sans que cela soit un rituel car l’enfant pourra aussi avoir l’impression que vous cherchez le danger sans le trouver et cela l’inquiétera d’autant plus!

Il est aussi préférable de ne pas l’emmener avec vous dans votre chambre sinon cela légitime sa peur dans sa propre chambre, et il pourrait s’en servir par la suite pour rester auprès de vous.

Le cauchemar fait partie du développement normal mais il s’agit toutefois d’être attentif à sa  fréquence, et ainsi s’interroger sur le comportement de l’enfant dans la journée.

La technique de faire dessiner le cauchemar à l’enfant ou avec lui, puis de le déchirer et de le jeter, est parfois une première réponse à tester!

Même si l’enfant fait des cauchemars, il ne faut pas pour autant retirer à tous prix les histoires de loup. En effet, il est bon et constructif pour l’enfant d’avoir peur et de maîtriser cette peur au travers d’un livre car il traite ainsi des angoisses plus archaïques. Vous pouvez en revanche proposer des histoires où le loup est un peu plus sympa ou drôle, ou encore une histoire où l’enfant gagne à la fin!

Dans le cas des terreurs nocturnes c’est différent, car cela peut faire peur aux parents et c’est plutôt désarmant!

L’enfant s’assoit brutalement sur son lit, les yeux sont grands ouverts, fixes, il hurle, pousse des cris et semble affolé. Il peut prononcer des paroles incohérentes, il se débat quand on le touche. Parfois même, il sort de son lit, va se réfugier dans un coin de la chambre. Et pourtant, il n’est pas réveillé et ne vous reconnaît pas. Il répète un mot, ou bien montre du doigt une chose imaginaire.

Les terreurs nocturnes ne sont pas des rêves vrais. Elles surviennent pendant le stade lent profond du sommeil. Ces terreurs ne comportent pas de scénario, mais éventuellement une seule image. L’anxiété est intense, et ses manifestations sont visibles pour l’entourage. Le dormeur ne se réveille pas nécessairement et ne conserve que peu de souvenirs de ce qui vient de lui arriver.

La terreur nocturne est un éveil dissocié, une partie du cerveau se réveille et l’autre continue à dormir. Ainsi, plus on va stimuler l’enfant, et plus la terreur risque de durer. L’enfant est dans une activité onirique qui peut s’enchaîner avec un état confusionnel.  La bonne attitude, si on y parvient, est de rester à côté mais sans le réveiller!

Même si cela est rare, c’est à partir de 9 mois qu’on peut repérer des terreurs nocturnes. Les terreurs nocturnes sont plus fréquentes chez les garçons et peuvent survenir chez tous chez les enfants.

 

Pour vous permettre de les différencier du cauchemar, petit récapitulatif:

  • Elles ont lieu en 1ere partie de nuit, 1 à 3 heures après l’endormissement. Elles peuvent survenir au cours d’une sieste longue. L’épisode est généralement unique.
  • Ces épisodes durent de quelques secondes à parfois plus de 20 minutes.
  • On remarque des manifestations physiques plus importantes que dans le cauchemar: yeux hagards, l’enfant est rouge, il transpire, accélération cardiaque.

Comment les limiter?

On connaît certains facteurs favorisant les terreurs nocturnes que l’on peut ainsi limiter:

  • Le manque de sommeil peut favoriser les terreurs nocturnes.
  • La température corporelle peut être un facteur favorisant, attention donc à la fièvre et à l’activité physique juste avant le coucher.
  • La survenue d’événements perturbants.
  • Enfin la distension de la vessie peut déclencher aussi ce phénomène donc le passage assez logique aux toilettes avant le coucher s’impose!
  • Certains médicaments.

 

Comment réagir ?

Avec les terreurs nocturnes, il ne faut pas chercher à réveiller votre enfant, mais au contraire lui parler doucement , le rassurer, et attendre la fin de la crise.

Plus vous tenterez de le réveiller, plus il aura l’air apeuré. De plus, vous briserez le cycle normal de son sommeil. Il est préférable de parler à l’enfant doucement et lentement, et d’utiliser un ton de voix rassurant car, sans être conscient, l’enfant entend vaguement les propos simples, par exemple : « maman ou papa est là, tu peux te rendormir ».

Vous pouvez aussi lui chanter une chanson douce, sans toutefois le réveiller; cela peut l’aider à réintégrer un sommeil paisible.

Le lendemain, il n’est pas utile d’en reparler à l’enfant car il ne s’en souvient plus mais vous pouvez tenter de le faire s’exprimer sur ce qui peut le préoccuper en ce moment.

 

Quelles sont les causes?

Parfois, les terreurs nocturnes peuvent être attribuables au stress ou à une expérience angoissante. Souvent, l’enfant réagit de façon normale durant le jour et la terreur nocturne est la seule manifestation d’un problème sous-jacent. Un enfant sujet aux terreurs nocturnes doit dormir suffisamment, ce qui signifie qu’il est parfois important de proposer une sieste en journée, ou d’éviter de la couper ainsi que de lui proposer une heure de coucher moins tardive.

Instaurer un rituel au coucher ainsi que des jeux calmes en évitant les écrans, peuvent aussi être des solutions.

Si cela dure, et se répète trop fréquemment, il ne faut pas hésiter pas à consulter votre pédiatre qui pourra envisager aussi un enregistrement du sommeil (polysomnographie) ou bien de vous tourner vers un psychologue.

 

♡Merci à notre chère Capucine pour ces éclaircissements ♡